Tensions avant le procès en destitution de Donald Trump

Ecrit par on 9 février 2021

Tandis que les avocats de l’ancien président demandent l’annulation du procès, les élus démocrates rétorquent que les preuves sont « accablantes ».

Donald Trump a demandé lundi 8 février aux sénateurs chargés de le juger pour « incitation à l’insurrection » de refermer immédiatement son procès, qui, s’il a peu de chances de se conclure par une condamnation, pourrait lui coûter cher en matière d’image tandis que les élus démocrates ont estimé sa tentative « futile ». Avant l’ouverture d’un procès historique, les deux camps ont ferraillé par écrit, dans des argumentaires transmis au Sénat qui donnent le ton des échanges à venir.

L’acte d’accusation adopté après l’assaut sur le Capitole est « anticonstitutionnel à plusieurs titres, et un seul suffirait à le déclarer immédiatement nul et non avenu », ont écrit les avocats de l’ex-président, Mes David Schoen et Bruce Castor, dans un argumentaire de 78 pages transmis à la chambre haute du Congrès à la veille de l’ouverture des débats.

Un procès « ridicule »

« Laisser libre cours à cette mise en scène politique serait un danger pour notre démocratie », ajoutent-ils en reprenant leur principale ligne de défense : Donald Trump ne peut pas être jugé dans le cadre de la procédure de destitution puisqu’il n’est plus au pouvoir. Plaider le contraire est, selon eux, « totalement ridicule ». Vivant désormais en Floride, le milliardaire ne se rendra pas au procès.

Donald Trump s’est livré à « la pire violation de la Constitution jamais commise par un président américain » en « incitant » ses partisans à attaquer le Capitole, ont, de leur côté, plaidé lundi les élus démocrates qui servent de procureurs à son procès.

Des preuves « accablantes »

« Ses efforts pour échapper à sa responsabilité sont futiles », ont-ils ajouté en référence à la demande d’abandon des poursuites formulée un peu plus tôt par les avocats du milliardaire républicain. « Les preuves » sont « accablantes », « il n’a aucune excuse valide ni défense valable pour ses actions », ont-ils encore écrit dans un argumentaire transmis au Sénat à la veille de l’ouverture des débats.

L’issue de ce procès qui débute ce mardi 9 février semble jouée d’avance. La Constitution fixe en effet la nécessité d’une majorité des deux tiers pour un verdict de culpabilité. Or le Sénat compte 100 élus et 45 sénateurs républicains ont déjà fait savoir qu’ils ne se considèrent pas comme compétents pour juger « un simple citoyen ». Il y a un an, le Sénat avait déjà acquitté Donald Trump, jugé pour « abus de pouvoir » parce qu’il avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur son rival Joe Biden.

Une chose unit toutefois les deux camps : tous veulent aller vite, et un vote final pourrait avoir lieu dès le début de la semaine prochaine. Les républicains parce qu’ils ne veulent pas s’attarder sur une séquence qui divise leurs rangs ; les démocrates parce qu’ils veulent que le Sénat puisse de nouveau rapidement se concentrer sur leur priorité : approuver les candidats et les lois de Joe Biden.

EFM/AFP


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