Marché de Change: L’effet Biden consolide l’appétit pour le risque

Ecrit par on 21 janvier 2021

Sur la place de Tunis, la monnaie unique est traitée à 3.3160 tandis que le billet vert s’échange à 2.7250 respectivement contre le dinar tunisien. La paire phare se négocie quant à elle sur le Forex à 1.2148.

La monnaie unique progressent ce jeudi, le regain d’élan donné aux marchés par la prise de fonctions de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis contineant de favoriser les actifs risqués même si les écarts sont limités par l’attente des déclarations de la Banque centrale européenne (BCE). La monnaie unique européenne s’est légèrement éloignée de son plus haut en deux ans et demi face au dollar atteint le 6 janvier à 1,2349 dollar pour un euro, mais l’euro reste à un niveau élevé et la BCE peine à atteindre son objectif d’une inflation à 2%.

Quelques heures seulement après avoir prêté serment, Joe Biden a signé une série de décrets qui visent entre autres à amplifier la lutte contre le coronavirus et confirment le retour des Etats-Unis dans l’Organisation mondiale de la santé d’une part, dans l’Accord de Paris sur le climat d’autre part. Parallèlement, la Maison blanche se prépare à négocier avec les élus républicains au Congrès sur son plan de relance de 1.900 milliards de dollars (1.560 milliards d’euros).

Du point de vue des investisseurs, avec un front démocrate uni qui prend désormais forme officiellement à Washington, la voie d’une augmentation du soutien budgétaire est dégagée.

En Europe, la BCE ne devrait pas modifier sa politique monétaire après les nouvelles mesures annoncées le mois dernier mais les investisseurs suivront avec attention la conférence de presse de sa présidente, Christine Lagarde, à l’affût de commentaires sur les perspectives de croissance face à l’évolution de la crise sanitaire.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union doivent par ailleurs débattre en fin de journée pour faire le point sur l’évolution de la pandémie, qui alimente les débats sur l’ampleur des mesures de confinement à mettre en oeuvre et l’opportunité d’une éventuelle fermeture des frontières.

Le dollar est reparti ainsi à la baisse face aux autres grandes devises, de nouveau pénalisé par l’appétit pour la risque et par la perspective d’un creusement des déficits américains sur fond de relance budgétaire. L’indice qui suit les fluctuations du billet vert par rapport à un panier de référence recule de 0,24%. L’euro remonte ainsi à 1,2134 dollar avant les annonces de la BCE, effaçant ses pertes de mercredi.

La livre britannique, elle poursuit ce jeudi sa hausse, atteignant des plus hauts en deux ans et demi face au dollar et en six mois face à l’euro, galvanisée par une campagne de vaccination contre le Covid-19 qui rassure les cambistes. Sur le Forex, elle gagnait 0,57% face au dollar, à 1,3731 dollar pour une livre. Face à l’euro, la livre gagnait 0,26% à 88,43 pence pour un euro. Vers 09H25 GMT, elle a atteint un sommet depuis mai 2020 à 88,30 pence.

Certains investisseurs craignaient néanmoins que les chocs auxquels l’économie britannique fait face pousseraient la Banque d’Angleterre (BoE) à adopter des taux négatifs, mesure inédite au Royaume-Uni qui vise à doper les prêts aux particuliers et aux entreprises renderait la monnaie moins attractive. En revanche, Avec une campagne de vaccination rapide, l’activité économique va se normaliser rapidement, un taux négatif est peu probable, estiment les analystes.

Sur le plan macroéconomique, la Banque centrale de Turquie a maintenu inchangé son principal taux directeur, à 17%, après deux hausses successives sur fond de forte inflation et de chute de la livre turque. La décision de la Banque centrale, en phase avec les attentes des marchés, a toutefois déçu certains experts économiques qui tablaient sur une nouvelle hausse susceptible d’aider à freiner l’inflation, qui a atteint 14,6% en 2020, et soutenir la monnaie locale.

La livre turque, qui s’était requinquée après les hausses décidées en novembre et décembre, est restée stable après l’annonce du maintien du taux, s’échangeant à 7,39 TRY contre le billet vert.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est pourtant hostile aux taux d’intérêts élevés, estimant, à rebours des théories économiques classiques, qu’ils aggravent l’inflation.

En outre, une légère amélioration du climat des affaires a été perceptible en janvier en France. L’indicateur, mesuré par l’Insee, gagne un point (92) mais reste nettement au-dessous de sa moyenne de longue période (100). Cette très légère hausse est le reflet d’évolutions différentes suivant les secteurs d’activité, en lien avec l’incertitude quant à l’évolution de la situation sanitaire. Le climat des affaires s’améliore dans l’industrie par rapport au mois dernier et dans le commerce de gros par rapport à novembre, tandis qu’il fluctue à peine dans les services et le commerce de détail. Dans le bâtiment, les entrepreneurs se disent plus optimistes qu’en décembre sur leurs propres perspectives, mais portent un jugement plus sombre sur leur activité récente, précise l’Insee.

Ajoutons à cela, les rendez-vous du jour ont compris les mises en chantier de logements et permis de construire de décembre aux États-Unis (1,669 million sur les mises en chantier, 1,709 million pour les permis), les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 16 janvier ( 848 000 versus consensus 890.000), ainsi que l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois de janvier (26 versus même heure, consensus 12).

La journée de demain sera marquée par la publication du PMI composite flash américain de décembre et celle des ventes de logements existants.

Pour le marché de l’or noir et après deux séances de hausse, le marché pétrolier recule en réaction à l’annonce mercredi soir par l’American Petroleum Institute (API) d’une hausse inattendue de 2,6 millions de barils des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le Brent abandonne 0,71% à 55,68 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd lui auss 0,71%, à 52,93 dollars. L’Energy Information Administration (EIA) doit publier ses propres chiffres sur les stocks vendredi.


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