Les 27 débattent de restrictions frontalières face aux variants du virus

Ecrit par on 21 janvier 2021

Limitation des déplacements transfrontaliers, accélération de la vaccination, mise en place d’un certificat commun : les Vingt-Sept se retrouvent jeudi soir pour un nouveau sommet par visioconférence afin de coordonner la lutte contre la pandémie face à la menace des nouveaux variants.

Ce 9e rendez-vous virtuel des chefs d’Etat ou de gouvernement de l’UE sur la crise sanitaire se déroule à partir de 18H00 (17H00 GMT). Et ce au moment où plusieurs pays, comme l’Allemagne, durcissent les mesures prises pour tenter de contrer la propagation des variants du coronavirus (britannique, sud-africain), plus contagieux.

Les dirigeants vont discuter de restrictions de déplacements supplémentaires, tout en s’efforçant de préserver le fonctionnement du marché intérieur, le transport de marchandises et le quotidien des travailleurs transfrontaliers.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo veut une interdiction provisoire des « voyages non essentiels », redoutant un bond des contaminations au retour des vacances de février. Même si le contrôle des frontières est une prérogative nationale, « le fait d’avoir une approche européenne serait vraiment un atout », a déclaré à l’AFP sa ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès.

La chancelière allemande Angela Merkel prône une harmonisation entre les Etats pour éviter une fermeture des frontières, une mesure de « dernier recours ». « Si un pays où l’incidence (du virus) est deux fois plus élevée que celle de l’Allemagne ouvre tous ses magasins et que nous les gardons fermés, il y a un problème », a-t-elle expliqué.

Reconnaissance des tests

Berlin plaide aussi en faveur de « tests obligatoires » pour les voyageurs transfrontaliers. Paris prône des « contrôles sanitaires ».

A la veille du sommet, les ambassadeurs des Vingt-Sept se sont entendus sur une reconnaissance mutuelle des résultats des tests, à la fois PCR et antigéniques rapides.

Pour détecter les mutations du coronavirus, la Commission européenne exhorte les Etats de l’UE à accroître le séquençage, jugeant le niveau actuel insuffisant. Elle les a aussi appelés à accélérer la vaccination, en protégeant 70 % de la population adulte avant la fin de l’été et 80 % des membres du personnel de santé et des plus de 80 ans d’ici à mars.

Les Vingt-Sept doivent se prononcer sur ces objectifs ambitieux, au moment où des retards de livraison du vaccin de Pfizer-BioNTech -l’un des deux autorisés dans l’UE-, ont conduit un pays comme le Danemark à revoir de 10 % à la baisse ses ambitions pour le premier trimestre.

L’annonce inopinée du laboratoire a provoqué la colère des Européens.

« Nous avons besoin de ces doses maintenant », a déclaré mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, qui avait obtenu la semaine dernière du groupe américain l’assurance que toutes les doses promises pour le premier trimestre seraient livrées à cette échéance.

Outre Pfizer-BioNTech, le vaccin Moderna est également autorisé dans l’UE et l’avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA) sur celui d’AstraZeneca, déjà utilisé au Royaume-Uni, doit intervenir avant la fin du mois.

Impatience

Mme von der Leyen a dit attendre « pour bientôt Johnson&Johnson et Curevac », jugeant les objectifs de vaccination « réalisables en prenant en compte le nombre des doses qui vont arriver ».

L’UE a au total signé six contrats pour des vaccins avec des laboratoires pharmaceutiques et est en discussion avec deux autres (Novavax et Valneva), pour une quantité potentielle de plus de 2,5 milliards de doses.

Signe d’une impatience croissante, quatre pays -Autriche, Grèce, République tchèque et Danemark- ont écrit une lettre au président du Conseil européen Charles Michel pour réclamer que le processus d’approbation des vaccins par l’EMA soit plus rapide.

Athènes plaide aussi pour la mise en place d’un certificat « standardisé » de vaccination au sein de l’UE, une proposition qui sera discutée pendant le sommet.

La Grèce souhaite sauver son industrie touristique, mais l’idée de se servir de ce certificat pour permettre aux personnes vaccinées de voyager suscite des réticences.

Les discussions sur un tel passeport vaccinal sont jugées prématurées par plusieurs pays comme la France et l’Allemagne, en raison de la faible proportion de la population vaccinée et des incertitudes entourant encore l’effet du vaccin sur la transmission du virus.

Le débat doit se concentrer sur la mise en place de normes communes pour ces certificats, afin d’en permettre une reconnaissance entre Etats membres.

EFM/AFP


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