Gabes : un gouvernorat en colère face à l’urgence environnementale

Ecrit par on 10 juin 2019

Dimanche 9 juin à Gabès, plusieurs responsables et de nombreux habitants de la région ont manifesté leur mécontentement face à la  détérioration environnementale de leur ville et les promesses officielles « non tenues ». Ils exigent « une intervention de toute urgence pour une question de priorité nationale » et appellent le gouvernement à « assumer pleinement ses responsabilités ». 

Mohamed Abderrahim, président de l’association de la Sauvegarde de la Médina et de l’Oasis de Gabès, a rappelé que les projets annoncés par le Groupement chimique tunisien (GCT) « sont toujours en suspens depuis 2011 », et que « même les quelques projets entamés avancent lentement ». Il ajoute que « de nombreux facteurs ont affecté l’environnement dans la région comme l’accumulation des déchets de construction, notamment sur les plages de la ville » et que « les constructions anarchiques ayant envahi une large partie des oasis font que cet héritage environnemental est actuellement menacé ».

Pour lui cela est dû à l’inaction du gouvernement : « il y a eu du retard pour créer un département régional de l’environnement », il a notamment rappelé la décision annoncée le 25 juin 2015 par un conseil ministériel tenu dans la région, qui prévoyait la création d’un département pour l’environnement avec un mécanisme de sanction pour les pollueurs, qui n’est toujours pas appliquée.

Abderrahim ajoute que « l’accumulation de matières toxiques comme le cadmium aux alentours des usines du GCT ainsi que le transfert du charbon via le port commercial de Gabès continuent malgré la vive contestation des habitants de la région et la décision municipale interdisant toute activité nocive à l’environnement ».

Le député Mohamed Zourig a, quant à lui, affirmé « l’attachement des habitants de la région à la concrétisation du projet de réalisation d’une nouvelle zone industrielle qui abriterait les nouvelles unités du GCT et constituerait ainsi une solution pour remédier à la question environnementale à Gabès ».

Le président de la municipalité de Gannouch, Boulbaba Alaya, a lui aussi évoqué la souffrance des habitants, notamment ceux des cités limitrophes de la zone industrielle à proximité de Gannouch, Chott Essalem et Bouchemma, « lassés des promesses non tenues ». Pour lui, « le coût de réalisation de la nouvelle cité industrielle n’est pas important au vu de ses retombées positives sur la santé des citoyens et la marche de développement dans le gouvernorat et tout le golfe de Gabès ».

(Visited 30 times, 1 visits today)

Avis du lecteur

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée.Les champs requis sont indiqués *



Current track

Title

Artist