Yassine Brahim : l’Etat a la mentalité des années 60, le Syndicat doit épouser le 21ème siècle

Yassine Brahim : l’Etat a la mentalité des années 60, le Syndicat doit épouser le 21ème siècle

« L’Etat tunisien vit avec les lourdeurs et la mentalité des années Soixante alors que le Syndicat doit évoluer et épouser le 21ème siècle ». Ce sont là les remarques clés faites, en substance, par Yassine Brahim, président du parti Afek Tounès lors de son passage avec Wassim Ben Larbi à l’Expresso de ce matin du mercredi 13 septembre 2017 sur les ondes d’Express Fm.

C’est dire que le patron d’Afek n’a pas mâché ses mots pour analyser la situation actuelle dans le pays, plus particulièrement après le dernier remaniement ministériel qui a été voté par les élus de l’ARP, y compris ceux d’Afek en dépit du débat passionné qui a eu lieu, la veille, au sein du Conseil national du parti.

Et d’ajouter que le nouveau gouvernement comprend, certes de hautes compétences, mais il y en d’autres dont ceux maintenus au sein de l’équipe gouvernementale que Youssef Chahed a été obligé de maintenir à cause des pressions exercées sur lui pour des considérations partisanes.

Et après avoir révélé l’existence d’une certaine coordination avec Machroû Tounès, Yassine Brahim a reconnu que la situation socioéconomique dans le pays est très difficile dans le sens où il faut trouver des solutions à des problèmes de financement car les procédures bureaucratiques sont trop lentes.

L’invité estime que les subventions pour les produits alimentaires de 1600 millions de dinars, à titre d’exemple, ne vont pas aux vrais destinataires qui les méritent. Et de s’interroger : Pourquoi ne donne –ton pas de l’argent aux parties concernées et mettre un terme à la subvention comme cela se passe dans d’autres pays ? Pourquoi le plus grand grossiste de vente des pâtes se trouve t-il à Ben Guerdane ? Tout simplement parce qu’on exporte les pâtes subventionnées à la Libye…

Et de poursuivre sa série d’interrogations : Pourquoi l’Etat tunisiens distribue t-il les carburant à travers la SNDP-AGIL ? Quelle valeur ajoutée apporte l’Etat tunisiens à travers AGIL, à travers Tunisair ou encore à travers la RNTA qui détient le monopole de la vente du tabac ?

Pourquoi maintient-on le régime forfaitaire d’impôts en matière fiscale pour des métiers libéraux générant des sommes dérisoires de 80 ou 100 dinars par an et par contribuable ?

Pourquoi ne pas réviser certains quotas d’importation et d’exportation avec certains pays dont notamment ceux de l’Union européenne avec qui nous réalisons 70% des tractations commerciales, sachant que l’U E veut bien aider la Tunisie ?

Et à M. Brahim d’enchaîner que les hypothèses émises par l’Etat doivent être réalistes et pragmatiques avant d’indiquer qu’il ne faut plus appréhender les projets faits dans le cadre du partenariat public privé (PPP). Il faut sortir du dogme de la protection des entreprises publiques. Il faut accepter que les entreprises confisquées soient revenues dans les meilleurs délais. « Et puis, pourquoi ne pas vendre des partes de l’Etat dans certaines entreprises, sachant que 25% du PIB est distribué par l’Etat », assure t-il en substance.

Traitant, enfin, des prochaines élections municipales, le président d’Afek reconnaît que son parti est pour le report de ce scrutin pour les raisons que tout le monde connaît : l’absence de président et de deux membres de l’ISIE, l’absence de code de collectivités locales, l’absence de sections du Tribunal administratifs dans les régions à l’intérieur du pays.

« Pourquoi faire un forcing pour voter le pourvoi des postes vacants à l’ISIE alors que les élections ne peuvent se tenir dans des conditions normales dans l’état actuel des choses », conclut-il.

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