Samira Meraî parle des médicaments, des stents périmés, et des difficultés des hôpitaux

Samira Meraî parle des médicaments, des stents périmés, et des difficultés des hôpitaux

Samira Meraî, ministre de la Santé a été l’invitée de Walid Ben Rhouma à l’Expresso de ce jeudi 10 août 2017 sur les ondes d’Express Fm pour traiter des problèmes dans le secteur, en général, et de celui des médicaments, en particulier.

Entrant tout de suite dans le vif du sujet, la ministre a indiqué que la Tunisie est l’un des plus gros consommateurs de médicaments dans le monde tout en déplorant l’absence de certains produits, ce qui est dû à certains facteurs dont notamment les difficultés vécues par la Pharmacie centrale qui souffre, à son tour, d’impayés surtout de la part de la CNAM.

Sur ce point, Mme Maraî estime que la situation va se décanter incessamment, après l’adoption de la loi consistant à faire bénéficier la CNAM directement de ses quotes-parts, versées, jusque-là, chez les caisses sociales (CNSS et CNRPS).

Passant ensuite à l’industrie pharmaceutique, l’invitée a indiqué qu’il y a 38 unités de fabrication de médicament pour répondre à 50% des besoins du pays alors que le reste est assuré par l’importation, tout en mettant l’accent sur la grande rigueur en matière de contrôle et d’octroi des autorisations dont le délai est passé de trois à un an seulement, l’objectif étant de parvenir à une fabrication de 80% de nos besoins.

Répondant à une question sur le suivi de l’affaire des stents périmés, Samira Meraî a assuré que la commission de suivi mise en place n’a relevé aucun cas de détérioration de l’état de santé parmi les patients ayant reçu des stents incriminés sachant que des mesures avaient été prises par le ministère et le Conseil de l’Ordre à l’encontre des médecins fautifs et des cliniques mises en question.

Ces mesures vont de la suspension provisoire des responsables de ces faits à la fermeture momentanée des institutions sanitaires, précise t-elle avant d’enchaîner qu’on ne pouvait pas fermer définitivement les cliniques ou les salles d’opération car ce serait une sanction indirecte des patients qui ont besoin de soins et de traitements urgents.

L’accent a été mis, donc, affirme t-elle, sur le volet dissuasif et préventif en évitant, les récidives ou l’apparition de nouveaux cas d’infraction après la mise en place d’une garantie de la traçabilité de tout équipement médical.

Venant, enfin, à l’état des établissements hospitaliers, la ministre a reconnu la détérioration de l’infrastructure de base, l’absence de certaines spécialités dans nombre de régions, notamment la gynécologie, l’anesthésie et les urgences qui nécessitent des gardes et des permanences, sans oublier les 148 projets inexploités à case des problèmes de maintenance, de raccordement aux réseaux de gaz et d électricité et le délabrement des blocs opératoires.

Il en est de même, ajoute t-elle, pour les dispensaires qui fonctionnent à 15% seulement de leurs capacités et les services d’urgence qui souffrent de manque de personnel et d’infrastructure adéquate, d’où la mobilisation de 166 millions de dinars pour les équipements, la réhabilitation de 20 services d’urgence et la création de 120 postes pour les spécialistes qui, avec le statut actuel de résidents, choisissent, désormais, la discipline à poursuivre en connaissance de cause à l’avance de la région où ils vont exercer.

Priée de donner des précisions sur la suite donnée à l’affaire de circoncision effectuée au CHU de Sfax, la ministre a indiqué que des mesures ont été prises pour qu’un tel fait ne se répète pas tout en indiquant qu’aucune sanction n’a été prise à l’encontre des auteurs de l’opération sous prétexte que les circoncisions se sont déroulées sous contrôle de médecins et sur demande des parents des petits enfants qui sont des membres du personnel ayant préféré ce type de circoncision