Mohamed Ali Toumi: "La reprise touristique est concrète mais timide"

Mohamed Ali Toumi: "La reprise touristique est concrète mais timide"

La reprise touristique, la situation dans le secteur des agents de voyage, leur situation financière, les marchés de change et l’absence d’une stratégie globale pour promouvoir le secteur du transport, notamment chez les agents de voyage ont été les thèmes développés par Mohamed Ali Toumi, président de la Fédération tunisienne des Agences de Voyage (FTAV), invité de Walid Ben Rhouma à l’Expresso sur Express Fm de ce mardi 11 juillet 2017.

Après avoir mentionné que la reprise touristique est concrète mais timide, M. Toumi indique qu’on a enregistré, certes, une amélioration par rapport à l’année dernière, mais on reste loin des chiffres de l’année 2014.

En effet, malgré l’amélioration des marchés français et allemands, celui britannique reste bloqué avec un impact négatif sur d’autres marchés européens.

En effet, le nombre des visiteurs depuis le début de l’année en cours est de 2044000 soit 500 mille de plus qu’en 2016, mais 600 mille de moins qu’en 2014, sachant que près d’un million quatre cent mille visiteurs sont des Algériens et Libyens.

Et à part une reprise sensible, ajoute l’invité, à Djerba, une vraie « marque » qui se vend d’elle-même, avec une animation et des attractions spécifiques, les autres sites connaissent une dynamique qu’on peut qualifier d’habituelle.

Or, précise encore Mohamed Ali Toumi, un tiers seulement des touristes algériens vont dans des hôtels sans oublier qu’ils utilisent le dinar tunisien à cause de l’existence du marché parallèle de change et l’absence de bureaux de change dans le centre ville et dans les points frontaliers et qui sont, par-dessus le marché, fermés durant le week-end.

C’est ce qui explique les rentrées réduites, officiellement, en matière de devises comme l’a indiqué le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie. Après avoir enregistré des rentrées de 3625 MDT en 2014, cette somme a baissé en 2017 pour atteindre juste un peu plus de 2000MDT.

Dans le même ordre d’idées, M. Toumi révèle des situations anachroniques en matière de change dans le sens où un agent de voyage, qui perçoit, à titre d’exemple, la somme de quatre ou cinq mille euros, ne peut pas verser cet argent dans son compte bancaire car la loi l’interdit et autorise un plafon de l’équivalent de 1600 euros, ce qui est aberrant.

« Il est temps de revoir et de réviser ce genre de dispositions archaïques où par des peurs de prétendus blanchiment, les autorités officielles sont en train de freiner le développement et l’épanouissement de tout un secteur sans oublier que ce genre de pratiques ne peut qu’encourager le recours à des réflexes illégaux.

Et à Mohamed Ali Toumi de lancer un appel pour la mise en œuvre d’une stratégie de longue haleine allant jusqu’à 15 et 20 ans, car il est inadmissible de continuer sur ce rythme où tout un pilier de l’économie nationale est fondé sur des éclaircies de deux mois par an !

Le tourisme classique, basé sur le volet balnéaire est insuffisant, déclare encore le président de la FTAV qui réitère son appel pour la création d’un Conseil supérieur du tourisme, lequel appel est resté sans réponse depuis plusieurs années. Et de s’exclamer : «Il y a des Tunisiens qui préfèrent partir pour passer une semaine en Espagne que d’avoir un séjour quelque part en Tunisie, car cela lui reviendrait moins cher ! ».

Prié, enfin, de commenter les derniers accords signés pour l’augmentation des salaires dans le secteur de l’ordre de 6%, Mohamed Ali Toumi que, pour lui, l’épanouissement des ressources humaines est primordial pour la qualité des prestations et des services dans le sens où chaque parti trouve son compte.

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