Marouane Abbassi: " La Blockchain constitue une source de croissance pour la Tunisie ainsi que pour toute l’Afrique"

Marouane Abbassi: " La Blockchain constitue une source de croissance pour la Tunisie ainsi que pour toute l’Afrique"

A l’ouverture de l’"Africa Blockchain Summit", organisé par l'institut d'émission et Paris EUROPLACE, avec le soutien technique du Groupe Talan, ce lundi 14 mai 2018, à Tunis, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane El Abbassi, a affirmé que "La communauté monétaire et financière tunisienne est convaincue que la nouvelle technologie Blockchain constitue une source de croissance pour la Tunisie ainsi que pour toute l’Afrique " selon ce qu' a rapporté le correspondant d'Express Fm, Ahmed Tlili.

D'autre part, a estimé que "le continent africain est indéniablement, celui qui pourrait le plus bénéficier de cette technologie. Les pays africains et arabes font face à des challenges communs, à savoir une inclusion financière faible, un secteur informel très étendu puisque la dernière étude réalisée par le Bureau international de travail (BIT) montre que plus de 85% de l’emploi en Afrique est informel, alors qu'en Tunisie ce taux est de 58%, un taux de chômage élevé notamment chez les femmes, les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur, une insuffisance de garanties de prêts, un déficit en infrastructures et une expansion démographique importante ".  Toutefois, il a  " la technologie Blockchain peut aider nos pays à accélérer leur émancipation économique et pérenniser leur autonomie. Au-delà de l’aspect monétaire, cette technologie peut ouvrir des portes aux entrepreneurs, en proposant d’innombrables solutions reposant sur des protocoles fiables, sécurisés et transparents "

Le gouverneur de la BCT a également, évoqué les entraves au développement de la technologie Blockchain, précisant que "la première entrave est la faible connectivité en Afrique. La deuxième a trait au fait que les applications Blockchain, offrent des solutions nécessitant un changement important voire une rupture complète avec les systèmes existants. Pour conduire ce changement, les institutions financières ainsi que l’ensemble de l’écosystème, doivent se préparer à la transition ". 

Et d'ajouter que "le troisième défi dépend des autorités publiques qui devront légiférer, imposer et faire appliquer des lois pour permettre aux entrepreneurs d’opérer à l’échelle mondiale, et d’avoir les mêmes armes que leurs concurrents, à l’échelle internationale ". 

Par ailleurs le gouverneur de la banque centrale a indiqué "qu’il faut encourager le développement de ces technologies, tout en assurant le respect des règles financières, la protection du consommateur et de ses données personnelles, la stabilité financière et la lutte contre le blanchiment d’argent". 

De son côté, le Directeur Général et Président du Conseil d'Administration du Fonds Monétaire Arabe, Abdel Rahman El Hamidi, a souligné l’opportunité pour les pays arabes et africains de favoriser le développement des nouvelles technologies financières qui auront selon lui, un impact important en matière d’inclusion financière, d’accès aux services financiers pour ceux qui en sont privés aujourd’hui, de maîtrise des coûts financiers pour les institutions financières et de financement de l’économie, en mettant en garde contre les éventuels risques que pourrait générer cette technologie d’apparition récente et dont les contours juridiques et légaux ne sont encore pas bien tracés, dont les menaces sur la protection des données personnelles et les attaques cybernétiques. 

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