La crise libyenne au cœur du nouveau mandat d’Al Sissi au sein de l’Union Africaine

La crise libyenne au cœur du nouveau mandat d’Al Sissi au sein de l’Union Africaine

En Ethiopie, le 32eme Sommet de l’Union Africaine a marqué les esprits par le passage de relais entre le Président Rwandais Paul Kagamé et l’Egyptien Abdel Fattah Sissi. Ce dernier a été perçu comme un challenger de moindre envergure que son prédécesseur, très apprécié par la communauté africaine, pour avoir soufflé un vent de changement au sein de l’Union Africaine.

Le président Paul Kagamé a entrepris au cours de son mandat de larges reformes qui ont bénéficié pour la première fois d’un consensus généralpour la plupart des pays africains. Cet intégrationniste a pu influencer l’Organisation sur l’adoption de nouvelles orientations capitales.

Parmi ses orientations sur lesquelles le Rwandais a travaillé était l’accord signe en Mars 2018 par 50 des 55 pays africains pour créer une zone de libre-échange aboutissant à un marché unique avec libre circulation des marchandises et des hommes. Autre orientation qui a été bien accueillie au sein de l’Organisation est celle de la mise en place d’un Fonds pour la paix, destiné à financer les réponses aux crises securitaires sur le continent.

L’élan réformateur a aussi porté sur l’autofinancement de l’UA, un point stratégique sur lequel Paul Kagamé a fait l’objet d’une proposition de taxe de 0.2 % sur les importations.

Toutes les craintes aujourd’hui s’orientent vers une tentative de la part du Président Egyptien de casser cet élan réformateur et reculer sur certaines propositions comme celles de la taxe sur les importations acceptée par nombreux pays africains.

L’autre plus grand souci est celui du dossier libyen sur lequel Moussa Faki Mahamat et de Smaïl Chergui, les deux personnalités politiques clés de la Commission de l'UA travaillent pour pousser l’Organisation à jouer le rôle d’un médiateur régional de poids au même titre que l’ONU, l’Italie ou encore l’Egypte, qui sous le règne d’Abdel Fattah Sissi est présentée comme un allié militaire de taille du Maréchal Aftar,  l’homme fort de l’Est de la Lybie contre les rebelles de Tripoli et de Misrata.

Sur cette délicate question, le Président Tunisien Beji Caïd Essebsi, s’est montré plus prudent, et a averti le président Al Sissi sur l’ingérence accrue sur le terrain libyen qui a favorisé un chaos durable et a multiplié les réseaux criminels, les milices armées et les contrebandiers de tout genre. Depuis Addis-Abeba, il a appelé plutôt à faire émerger une solution libyo-libyenne avec l’aide de l’ONU et de ne pas s’hasarder davantage dans cette équation compliquée.

Les divergences au sein de l’UA sur la Lybie semblent encore très palpables et tout porte à croire que le Président Al Sissi va impliquer l’UA dans sa quête d’influence sur le territoire libyen.

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