Harouni : Ennahdha votera le remaniement malgré les réserves

Harouni : Ennahdha votera le remaniement malgré les réserves

Abdelkrim Harouni, président du Conseil de la choura d’Ennahdha a fait un tour d’horizon portant sur le dernier remaniement ministériel, l’action gouvernementale lors de l’étape à venir et la récente interview accordée par le président de la République au journal Essahafa.

Intervenant avec Wassim Ben Larbi à l’Expresso de ce jeudi 7 septembre 2017 sur les ondes d’Express Fm, l’invité a commencé par affirmer que le parti Ennahdha aurait préféré que le remaniement se limite au pourvoi des postes ministériels vacants, mais qu’il respecte, finalement la décision du chef du gouvernement de procéder à un remaniement élargi , se trouvant lui-même et le président de la République sous la pression

Après avoir critiqué le changement du ministre de l’Intérieur, M. Harouni estime que son parti est sorti renforcé dans le sens où il a conservé ses trois membres au sein du gouvernement en plus de la présence de Taoufik Rajhi, proche d’Ennahdha, à la tête du nouveau département chargé des grandes réformes.

Et d’enchaîner que l’heure est, maintenant, au travail avec l’établissement d’un programme basé sur les orientations contenues dans le Document de Carthage qu’il faut respecter parce qu’il est à l’origine de l’évènement du gouvernement d’union nationale.

Le président du conseil de la choura affirmé, également, que le vrai défi actuel est de passer à l’étape de la concrétisation des décisions qui doivent être courageuses à prendre. Et c’est dans cet esprit que le chef du mouvement, Rached Ghannouchi a appelé à un dialogue social et économique afin de relever les vrais défis auxquels fait face la Tunisie.

Commentant les critiques adressées à la nomination de ministres appartenant au régime d’avant la révolution, M. Harouni a tenu à indiquer que l’essentiel est la compétence, l’efficacité, l’objectivité et le respect des principes de la révolution et de la démocratie. Avant de faire remarquer qu’Ennahdha a des réserves sur certaines désignations dans l’administration où des compétences ont été écartées et remplacées par d’autres personnes pour des considérations partisanes.

Passant, ensuite, à ladite interview de Béji Caïd Essebsi, l’invité a précisé qu’il y a des pressions exercées sur le président de la République et le chef du gouvernement pour mettre un terme au principe du consensus, alors que le pays se trouve encore en phase précaire nécessitant la conjugaison des efforts de tous sans discrimination ni exclusion.

Et d’ajouter qu’au vu des résultats des élections de 2014, la Tunisie ne pouvait pas réussir sans cette formule de consensus tout en reconnaissant que les deux partis d’Ennahdha et de Nidaa ont, certes, des différences de points de vue mais cela ne les empêche pas de composer ensemble pour le bien et l’intérêt du pays. Et c’est beaucoup plus judicieux que l’autre formule, prônée par certains, et qui peut conduire à la confrontation.

Abdelkrim Harouni conclut en réaffirmant qu’Ennahdha est un parti fort et discipliné et que même s’il a des remarques et autres objections à faire, il a décidé d’accorder et de voter la confiance à la nouvelle composition du gouvernement lors de la plénière extraordinaire de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

N.H

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